Marseille

► Froumaï ouvre une deuxième fromagerie.- Six ans après avoir posé ses meules sur la Canebière, Froumaï essaime dans le 6e ! Une implantation de proximité, pensée pour accompagner le quotidien du quartier. Manon Armand, fromagère depuis 9 ans, a construit sa sélection autour de règles simples : le fromage fermier au lait cru, sourcé directement auprès de producteurs qu’elle visite régulièrement. L’épicerie fine et la cave complètent l’offre pour composer de véritables tables gourmandes. Froumaï se distingue par ses compositions devenues des classiques : brie à la pistache, brie au basilic, Brillat-Savarin aux figues et propose des plateaux sur mesure. À Lodi, l’équipe pousse l’exercice plus loin avec des créations sucrées renouvelées chaque semaine, portées par Julie, la responsable boutique. Passée par des épiceries fines savoyardes et corses avant de se former à la pâtisserie et de faire ses armes en restauration, elle signe des desserts maison créatifs et délicieux.
• Froumaï, 87, rue de Lodi, Marseille 6e arr. ; infos au 04 91 47 94 65.

Tendance

Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires de la restauration traditionnelle a reculé de 6,9 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur par rapport au même trimestre de 2025. Sur les six premiers mois de l’année, la baisse atteint 7,3 %. Ces données sont issues du nouvel Observatoire économique de la restauration réalisé par l’Umih avec l’Ordre des experts-comptables.  Le recul touche cinq des six départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur : Bouches-du-Rhône : -10,3 % au deuxième trimestre et -10,9 % sur six mois ; Alpes-de-Haute-Provence : -8,8 % au trimestre et -8,9 % sur six mois ; Var : -7,6 % au trimestre et -8,5 % sur six mois ; Alpes-Maritimes : -4,7 % au trimestre et -4,6 % sur six mois ; Vaucluse : -3,3 % au trimestre et -4,4 % sur six mois. Seules les Hautes-Alpes résistent, avec une progression de 5,3 % au deuxième trimestre et de 1,9 % sur les six premiers mois de l’année. La restauration rapide recule elle aussi de 3,8 % en Paca au deuxième trimestre et de 4,7 % sur six mois. Ces résultats reposent sur les déclarations de TVA de 3 329 entreprises de restauration traditionnelle et de 1 937 entreprises de restauration rapide en région Sud.

Le Pradet

► 100 % Canons.- Le littoral varois accueille un nouveau rendez-vous dédié aux professionnels du vin. Lundi 12 octobre 2026, la Villa Rocabella, domaine rare posé face à la Méditerranée au Pradet, dans le Var, ouvrira ses portes à plus de 100 vignerons et producteurs de spiritueux venus de toute la France. Réservé aux sommeliers, cavistes, restaurateurs et professionnels du secteur, 100% Canons ambitionne de s’imposer comme un rendez-vous annuel incontournable dans le paysage du vin. Trois zones de dégustation permettront aux visiteurs de circuler librement d’un producteur à l’autre, entre ateliers de mixologie et pause déjeuner assurée par Le Fumoir de La Salle et le food-truck de pâtisseries Le Peem’s. Les organisateurs ont fait le choix d’un lieu à taille humaine, pensé pour favoriser les échanges directs entre vignerons et acheteurs. 100% Canons est organisé par l’association Telo Vinum, qui réunit six agences commerciales en vins et spiritueux implantées dans le Var, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et Monaco.
• Lundi 12 octobre, de 10h à 18h à la Villa Rocabella, 567, rue Général Weygand, 83220 Le Pradet. Public : salon réservé aux professionnels du vin et des spiritueux. Entrée gratuite, nombre de places limité, inscriptions ici.

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Magazine

Christine Couderc, elle est la business angel d'Alexandre Mazzia

Il est l’un des cuisiniers phare de l’année 2015 à Marseille et son nom suscite intérêt et curiosité bien au-delà des frontières provençales. Mais qui se cache derrière le succès d’Alexandre Mazzia ? Au-delà de l’homme, un petit groupe
de six Marseillais a misé sur le cuisinier afin de l’aider à « disposer d’un outil d’expression propre ». Des gravats du chantier à l’étoile du Michelin, Christine Couderc a été de toute l’aventure. Elle se raconte pour la première fois…
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« Je le dis à qui veut l’entendre : cette aventure est une affaire de cœur »

Qui êtes-vous ? Je suis normande, parisienne et marseillaise depuis que je me suis mariée à Pierre. Je suis une citoyenne du monde car, pour accompagner la carrière de mon mari, j’ai vécu de l’Argentine jusqu’au Mexique. J’ai 3 garçons, deux jumeaux, Charles et Olivier, nés à Mexico, et Martin, né à Bayonne.

Comment avez-vous connu Alexandre Mazzia ? Lorsqu’il travaillait au Ventre de l’Architecte. Moi qui avais bourlingué, sa cuisine m’a émue car elle ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. J’y ai déjeuné d’abord avec une amie puis j’y suis retournée avec mon mari 15 jours après pour être sûre que je ne m’étais pas trompée lors du premier repas.

C’est vous qui avez financé le restaurant de la rue Rocca ? Je ne suis pas seule ! Nous avons eu l’envie d’aider un talent mais au départ, il a fallu que je convainque d’autres amis de s’embarquer dans l’aventure. Nous ne sommes pas des mécènes, nous sommes des amateurs qui ont tenté de travailler comme des pros. Nous sommes sept personnes, dont Alexandre Mazzia lui-même, à nous impliquer dans l’histoire.

Qui sont, outre vous, les cinq autres partenaires ? Je ne vous le dirai pas ; mais ils sont tous marseillais. Je parle en mon nom seul.

La dotation de Gault-Millau (lire ici) a dû vous faire plaisir… Quand le guide lui a attribué une bourse, je me suis dit que j’avais flairé un talent. Par la suite, lorsque Michelin lui a donné un macaron, c’était une confirmation supplémentaire. Cette étoile, c’est une consécration pour le chef. Pour nous, gens de l’ombre, c’était important d’installer un cuisinier, de l’aider à se sentir bien dans son univers, on veut qu’il soit aussi un chef d’entreprise.

Combien de temps encore comptez-vous marcher à son côté ? Je n’en sais rien, nous n’en savons rien. En fait, tout débute à peine. Ce n’est pas facile pour un cuisinier d’être chef d’entreprise, alors plus longue sera la route ensemble…

Il a coûté cher ce restaurant ? Je ne peux pas vous le dire, vous vous en doutez bien mais nous avions une enveloppe très serrée et ça a été un parcours du combattant de créer un lieu respectant l’esprit d’AM avec ce budget. Face aux embûches, mes amis et mon mari m’ont souvent regardée avec incompréhension. Mais parallèlement à l’avancement du projet, nous avons rencontré à chaque étape des gens merveilleux qui avaient le sentiment de partager cette aventure. Même les assureurs ont été géniaux, c’est dire !

Il y a certaines nuits où je n’ai pas dormi… »

Comment avez-vous su que vous aviez raison de miser sur ce chef ? J’ai mangé seulement trois fois la cuisine d’Alexandre Mazzia : deux fois au Ventre de l’Architecte et une fois chez moi. Le repas chez moi, c’était pour convaincre d’autres amis de se lancer dans le projet avec moi. Mais je suis très claire : nous n’avons pas « fait » Alexandre Mazzia, il avait déjà son talent.

Combien de cafés buvez-vous chaque jour ? Trois au moins le matin et puis quelques uns dans la journée… Vous savez, cette rencontre, ce partenariat, cette aventure ça a été une belle histoire d’hommes. Nous avons toujours eu la volonté d’aider quelqu’un. J’ai conscience que pour mon époux, certains jours ont dû être difficiles.

Si c’était à refaire ? Je le referais dès demain, cette aventure me passionne. Je crois que nous tous voulions quelque chose de beau pour notre ville et que nous avons apporté quelque chose. L’un de nous travaille à Chicago et pour lui, ce restaurant est aussi un point d’ancrage dans sa ville d’origine.

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  • Félicitations Mme Couderc. Comme quoi, le talent n’est que la base nécessaire pour le succès. Comme le journaliste du New York Times Malcom Gladwell expose sur son bestseller « Outliers », « si on veux comprendre comment quelques personnes prospèrent, il faut passer plus de temps a regarder autour d’eux… »

  • Bravo pour la démarche à la fois téméraire et sensée, qui a identifié très tôt (comme nombre de gourmets attentifs et discernants) le talent et la signature originale d’Alexandre MAZZIA.
    Néanmoins, sauf à investir pour la seule beauté du geste et du résultat, et on serait alors en situation de mécénat pourtant réfuté par Mme COUDERC, la « bonne action » ainsi présentée mériterait de se voir exposée en totalité, c’est à dire en présentant la réalité du montage, les parts respectives des divers investisseurs ainsi que les perspectives de rentabilité attendue.
    Au mieux, on pourrait rêver que l’engagement soit totalement gratuit mais même dans la pire configuration, ça offre au moins au désert gastronomique (si on compare à Lyon, Strasbourg et bien d’autres) marseillais une table ébouriffante et néanmoins accessible (voyez qui je vise !)